Dossier de presse : Les « égarés » de l’UPR. Sur la ligne de mire de l’IGE ?

Mohamed Vall Ould Youssouf l'ancien Directeur général du Port Artisanal de la Baie du Repos


Le 7 juillet 2021, un article paru sur FutureAfrique signé de (Sidi Mahmoud ?) écrivait que, « pour atteindre le niveau très élevé duquel il était tombé le 20 janvier dernier, Mohamed Vall Ould Youssouf (l’ancien Directeur général du Port Artisanal de la Baie du Repos) avait sacrifié sa réputation et son honneur en faisant la « courbette » à tous les régimes qui se ont succèdés de Ould Taya à Ould Ghazouani en passant par Ely Ould Mohamed Vall, Sidi Ould Cheikh Abdallahi et Mohamed Ould Abdel Aziz ».
C’est le trajet du vol de la « Côtière » qu’ont emprunté tous les passagers l’UPR cette formation politique la plus puissante et la plus courtisée du pays.

Crée à base des « fossiles » du PPM, (Parti du Peuple Mauritanien) parti unique du défunt père de la Nation Me Moctar Ould Daddah, l’UPR avait fait sur son chemin le plein de ses adhérents sous Maaouiya (PRDS) avant de devenir ce qu’il est aujourd’hui, une arme politique redoutable jouissant d’une puissance de feu inimaginable.

C’est le « Parti au pouvoir », le « Parti de la majorité du pouvoir », ou le « Parti affilié au pouvoir » peu importe son qualificatif. C’est un Parti qui change de profil dans son intérêt politique en décapitant les têtes de ceux duquel il veut se débarrasser. Il détient le capital le plus important de la valeur la mieux cotée sur le marché de l’électorat national et c’est pourquoi, ce parti reste une Mouvance, très bien structurée qui s’appuie sur les féodalités traditionnelles de toutes les aristocraties qui composent le paysage ethniques du pays.

Les responsables de ce parti (qui puise ses racines dans la féodalité rétrograde) sont tous des experts en géopolitique de proximité communautaire et ils forment une seule et même famille très soudée qui, même malgré sa « décomposition » très avancée résiste à tous les maux qui rongent ses membres.

C’est ce parti (par sa complicité avec les pouvoirs en place), qui assure en fait la « promotion » des Ministres et des conseillers des chefs d’états et la nomination des directeurs des établissements publics et parapublics les plus convoités (SNIM, TAZIAST, SOMELEC, SNDE, PORTS, ZONE FRANCHE, ETER, MAI, SOMAGAZ, ATTM, RADIO, TELEVISION, AMI ) etc.

Par cette « ingérence » dans l’attribution des postes de responsabilités, le Parti s’assure le maintien en vie d’une « cagnotte » indispensable au renouvellement de ses stocks d’adhérents, mais également indispensable aux dépenses énormes qu’engendre le fonctionnement de cette gigantesque machine qui tourne 24 heure sur 24 même dans les coins les plus reculés du pays pour assurer une vigilance politique toujours en alerte, mais également pour faire face aux dépenses contraignantes et incompressibles de toutes les campagnes électorales qui constituent un enjeu majeur pour le parti à la fois « décrié » amis toujours très soutenu.

Quand les troupes du général commettent des exactions.

Le Président de la République Mohamed Ould Cheikh Ghazouani (Ex-Général de Division), s’est engagé à l'occasion de la fête de l’indépendance du 61e anniversaire de mener une guerre sans merci contre la corruption et d’intensifier l’action des dispositifs de contrôle et d'inspection pour faire suivre les rapports de l’IGE par des dispositions requises.

Ce n’était pas la première fois que le chef de l’état prévient certains à qui il envoie des messagex de plus en plus clair pour dire que : « la Mauritanie et un pays pauvre qui dispose de peu de ressources dont il a besoin. Que ce pays ne peut donc se permettre de laisser impunis la gabegie, le détournement des deniers publics et la corruption».

Mais ce qui était le plus important c’est quand le président avait dit : « je ne m’interférerai d’aucune manière et en quoique ce soit dans les affaires de la justice qui elle, est « indépendante » et doit jouer son rôle comme partout ailleurs dans les pays démocratiques ». Cette précision, le président l’avait donnée devant la Presse en répondant à une question qui lui avait été posée celle de savoir : « si la justice du dossier de la décennie (Aziz) n’allait pas être instrumentalisée par le pouvoir (Ghazouani) ».

Rien jusqu’ici ne permet de mettre en doute la sincérité des propos du président Ghazouani qui se montre de plus en plus sérieusement préoccupé par l’ampleur de la corruption, de la gabegie et du détournement des deniers publics. Mais aussi jusqu’ici, rien non plus ne prouve vraiment que le président est déterminé à laisser la justice faire son travail en toute indépendance en mettant en place des instruments et déployant des mécanismes de répression pour freiner « l’exode » de ce phénomène de pillage qui, avant ne touchait que des financements de projets financés sur le budget propre de l’Etat, mais qui s’étend maintenant de plus en plus à des financements de partenaires ce qui devient très préoccupant et surtout commence à ternir l’image même d’un Pays qui doit se « purifier » des péchés commis par certains proches du pouvoir même sous son règne.

Oui c’est vrai. Le président Ould Abdel Aziz a été exhibé au public comme un « trophée de chasse ». il a été « enchainé » dans ses activités» et « menotté » sur son lit de malade à son domicile. Mais est-ce que cela suffit pour faire croire que tout est rentré dans l’ordre ?

Ould Ghazouani qui s’est refusé à « s’interférer » entre la justice et Ould Abdel Aziz son ancien très proche ami, va-t-il pouvoir résister à s’interférer dans des affaires de corruption, de détournement et de pillage des ressources limitées par d’autres « si loin-si-proches » de lui ? Là est la question.

L’IGE, le nouveau « BASEP » de Ould Ghazouani ?

Le 15 décembre 2021, le président Mohamed Cheikh Ghazouani avait nommé à la tête de l’Inspection Générale d’Etat (l’IGE), El Hassen Ould Zein qui, d’office a été rattaché à la Présidence de la République ce qui lui attribue une carapace de protection umpénétrable.

Un inspecteur Général dans d’autres pays a rang de Directeur Général d'Administration Centrale. Il est assisté par d’inspecteurs et de vérificateurs pour accomplir une mission extrêmement difficile. Cette mission est plus difficile chez nous que partout ailleurs puisque chez nous, elle s‘effectue dans un environnement tribal et régional parfois extrêmement « oppressant ».

Quoiqu’il en soit, El Hassen Ould Zein, le deuxième Inspecteur Général que Ould Ghazouani nomme à ce poste a été doté de ressources humaines suffisantes, compétentes, de moyens matériels et financiers conséquents pour lui permettre en toute indépendance, sans influence et sans pression quelle qu’elle soit d’accomplir sa mission délicate.

28 inspecteurs d’État adjoints ou des inspecteurs vérificateurs vont renforcer ses effectifs. Ils ont prêté serment conformément aux dispositions de l'article 05 du décret n°18-2022 du 10-02-2022, portant organisation et fonctionnement de l'Inspection générale d’État.



Bien nourris, bien habillés, bien logés et à l’abri des besoins les vérificateurs et inspecteurs vont-ils…. ?

Mieux. Le gouvernement mauritanien vient de mettre les Hommes de Troupe de l’IGE à l’abri des besoins en leur accordant des primes et en les dotant d’indemnités qui les protégeront des missiles de corruption généralement déployés dans des circonstances de contrôles. Huit missions de l’inspection générale de l’Etat ont déjà été déployées dans cinq ministères, des établissements et des projets qui ont engloutis des masses énormes de financements.

Au cours d’un point de Presse, l’ancien ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, porte-parole du Gouvernement, Mokhtar Ould Dahi avait dit que le gouvernement, en décidant d’augmenter de 50 % l’effectif de l’Inspection Générale d’Etat pour la lutte contre la corruption, veut prouver qu’il est déterminé à mener ce combat quel qu’en soit le prix.

Celui qui pourrait être interrogé lui aussi sur l’argent du Festival de Ouadane (version améliorée financièrement) avait ajouté : « tous les ministères passeront un à un sous le détecteur du détournement et de la corruption de l’IGE dont les conclusions tombent désormais directement sur le bureau du président de la République ».

Maintenant reste à savoir si Ould Ghazouani va tenir sa promesse. Celle de ne pas « se mêler de ce qui ne le regarde pas » et de laisser la justice faire son travail en toute indépendance. Dans ce cas, si il le faisait les conclusions de l’Inspecteur Général El Hassen Ould Zein (l’invulnérable) risquent de servir de « détonateurs » pour les poursuites contre tous ceux (sans distinctions d’appartenance politique, tribale ou régionale) qui confondaient leurs « Bankilys » au compte du trésor public. ,

Si comme l’a fait Paul Biya du Cameroun, le président de la République va se tenir à l’écart des bagarres rangées que vont déclencher des inspections dans certaines « chasses gardées » qui étaient confiées à des barons de l’UPR, il fera certainement des mécontents dans sa Mouvance Politique. Mais ce ne sera pas de sa faute, mais bien de la faute de ceux pour lesquels la mauvaise gouvernance était une « qualité ».

Ce qui est regrettable c’est que, ce soit l’UPR, Parti au Pouvoir qui donne le mauvais exemple en proposant à la tête de certaines institutions des « éléments-clés » que rattrapent des comportements irresponsables influant parfois négativement sur la diplomatie économique du pays.

Retour aux bonnes vieilles habitudes du temps du PRDS ?

J’ai lu quelque part, que Ould Youssef nommé directeur du port de la pêche artisanale de Nouadhibou en mi-mai 2021, aurait demandé à l’administration financière de l’établissement (qu’il gérait comme son domicile), de lui envoyer à Rosso un montant qu’il aurait utilisé pour contribuer à une cérémonie officielle d’accueil.

Vrai ? Faux ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que la police chargée des crimes économiques et financiers avait, au début du mois de mars, mis aux arrêts Mohamed Vall Ould Youssef le directeur général du Port de la pêche Artisanale de Nouadhibou, dit "Port de la Baie du Repos " avant sa révocation le 20 janvier 2020 par le conseil des ministres suite aux conclusions de l’enquête menée par les inspecteurs de l’Etat.

Ould Youssouf, (insaisissable comme une anguille), qui se faufilait depuis le temps de Maaouiya entre toutes les variantes « modulables » du Parti au pouvoir, avait reconnu lui-même qu’il avait bien fait confusion entre « ce qui lui était propre » et « ce qui était propre au projet » financé par le gouvernement du Japon, puisqu’il avait même parait-il proposé aux limiers un arrangement à l’amiable pour rembourser une partie de l’argent volé au trésor public.

Malheureusement ce que Ould Youssouf ne sait pas, c’est que sa « main prise dans le sac » ternit l’image de notre pays aux yeux du Japon un partenaire qui, d’une part renfloue les caisses du Port de la Pêche Artisanale de Nouadhibou, et d’autre part, sans tambours ni trompetes appuie notre pays dans divers segments de programmes de lutte contre la pauvreté.

Le Japon, le plus fiable, le plus honnête et le constant partenaire au développement.

En 2013, Son Excellence Jun YOSHIDA Ambassadeur du Japon en Mauritanie avait dit que depuis décembre 2009, date de l’ouverture de l’Ambassade du Japon en Mauritanie, le Japon avait renforcé considérablement la coopération économique et technique dans différents domaines notamment la pêche, l’éducation, l’accès à l’eau et la santé et cela toujours en maintenant l’aide alimentaire au profit des plus vulnérables.

Le japon restera un partenaire fiable et incontournable. Des chiffres qui parlent.

La coopération japonaise avec la Mauritanie date des années 70. Depuis cette époque les efforts prolongés donnent d’excellents résultats. En 2010 un accord d’un montant de 590 millions de yens, soit environ 1milliard 731 millions d’ouguiyas, portant sur une aide alimentaire est signé. Egalement en 2010 le Japon avait accordé au gouvernement mauritanien un don de 500 millions de yens (4 millions d’euros) pour faire face aux catastrophes naturelles causées par le changement climatique.

En 2018, la Mauritanie avait réceptionné un don japonais de 6 300 tonnes de riz subvention alimentaire signée entre les deux pays pour un montant global de 1,1 milliards d’ouguiya MRO (3millions de dollars US).

En 2019 l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA) avait signé un accord de don à hauteur de 1,425 milliard de yens avec notre gouvernement pour le projet de construction du laboratoire d'inspection et d'analyses de l'Office national d'inspection sanitaire des produits de la pêche et de l'aquaculture (ONISPA) à Nouadhibou.

Toujours en 2019, le Commissariat à la Sécurité Alimentaire avait reçu don du Japon 7752 tonnes de riz, destinés à appuyer les efforts du gouvernement mauritanien pour rehausser le niveau de la sécurité alimentaire et améliorer le niveau de vie des populations.

En 2021, le Gouvernement du Japon avait accordé à notre pays un financement de 1 750 000 dollars américains (environ 63 millions MRU) pour le renforcement des capacités et faire face aux catastrophes naturelles accompagné d’un don japonais de 3273 tonnes de riz.. En 2022 le Japon a fait don à la Mauritanie de 6 milliards MRO pour promouvoir les professions de pêche.

Le Japon est un partenaire privilégié de la Mauritanie. Sa coopération multiforme a permis la réalisation de 117 projets dont la naissance sans forceps du port de pêche artisanale de la Baie de Repos bâti sur une surface globale de 73.000 m² et comprenant un quai long de 200m, quatre pontons flottants d'amarrage, deux digues et les fonds nécessaires au dragage de la rade. Le projet a couté au gouvernement japonais un montant de 3,1 milliards d’ouguiyas pour renforcer considérablement les capacités du secteur de la pêche artisanale.

Un activiste des droits de l’Homme, ancien Secrétaire Général des Jeunes de l’UPR en conflit avec la loi.

En prenant l’argent des japonais pour se faire une toilette politique à Rosso Ould Youssouf a parait-il fait entrer Ould Ghazouani dans une fureur de laquelle il ne décolère pas. Surtout que le président avait redonné une nouvelle chance à ce jeune ressortissant de Rosso de se réhabiliter lui qui depuis quelques années devenait de plus en plus impopulaire,

Malheureusement pour Ould Youssouf qui avait laissé un mauvais souvenir au Palais des Nations à Génève. Il a tellement tourné en rond dans les régimes, que finalement il a confondu l’époque de Ould Taya à celle de Ghazouani, un président tellement « acculé » par ses « Taahoudatous » qu’il ne peut plus vraiment accepter que le linge de l’UPR Sali par des détournements, des pillages et de la corruption soit lavé en famille.

Ce qui va l’obliger peut être à faire « creuser » un tunnel entre El Hassen Ould Zeine de l’IGE et le Parquet Général de la République. C’est ce qui s’appellerait alors « ne pas « interférer » dans les attributions de la justice».

Mohamed Chighali
Journaliste Indépendant
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