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Sahel Dév

Pêche : secteur de développement économique et social ou instrument de politique aux mains du Président de la République ?



Après des semaines de campagnes médiatiques intenses autour de la question du pillage des ressources halieutiques nationales de la part des chinois et des Turcs, le département des pêches a vite réagi pour amortir le choc et adoucir le climat .

 Avec succès, il avait alors procédé à l’organisation, du 22 au 25 du mois passé, de 4 ateliers à Nouadhibou.

 Cette manifestation avait tout d’abord, réussi à rassembler les représentants de toutes les sensibilités des organisations socioprofessionnelles et des professionnels indépendants et à les faire adhérer, au bout de 4 jours de débat avec l’Administration centrale et les établissements sous tutelle, à une liste de 65 revendications répondant aux soucis des uns et des autres .


 L’autre succès, inestimable, réside dans l’élimination du débat de la question de la flotte pour ainsi éviter de donner l’occasion aux "mauvais participants" de prononcer expressément les mots "Chine" et "Turquie" comme l’avait fait, maladroitement selon certains, Monsieur le "Waly patriote" ; lettre considérée à l’origine de cette mise sur la ligne de mire de la pêche.


 Cette manœuvre avait eu le mérite de faire éviter que "la Mauritanie tremble" avec un monde quand la Chine s’éveillera et de faillir à la règle qui dit, à propos de la Turquie, "Atruk attourke idha tarakouka". Connaissant la conjoncture et l’enthousiasme de Monsieur le Ministre des pêches pour faire quelque chose de bon sans toutefois porter préjudice à son prédécesseur, je me permets de demander à Son Excellence de bien réfléchir avant d’agir.

 C’est-à-dire qu’il évite que son entourage l’emporte à prendre, dans la précipitation, des décisions qui pourraient conduire à des résultats curieusement contraires à ceux escomptés. Au nom de la sympathie et du respect que j’ai pour la personne de Abdel Aziz DAHI, je lui livre ce secret qui certainement échappe à ses conseillers et/ou consultants étrangers ou vivant à l’étranger, Depuis l’avènement de la démocratie en 1989-1992, les Présidents de la Mauritanie répartissaient visiblement les Ministères en deux catégories et ce en fonction des priorités de leurs programmes électoraux ou pour, tout simplement, garder le pouvoir le plus longtemps possible. Plus explicitement, il y a des Ministères qu’on confie à des techniciens et desquels le Président de la République exige un minimum de résultats concrets capables de lui garantir la stabilité politique requise durant le(s) mandat(s). 

La deuxième catégorie, en constitue les départements que tout Président utilise pour rendre services à une clientèle spécifique en contrepartie de services qui sont, eux aussi, autant spécifiques. Dans cette catégorie, entrent les postes civils et paramilitaires destinés aux hauts gradés de l’institution incubatrice de nos présents et futurs gouvernants. En définitive, votre attention est attirée, Monsieur le Ministre des pêches, sur la nécessité de s’assurer, avant toute décision réformiste, du classement "nouveau" accordé à votre secteur par le Président de la République Mohamed Cheikh Al-Ghazouani. Il s’agit de savoir si ce secteur reste un instrument de politique ou change de statut pour devenir un secteur de développement économique et social du pays. Dans le cas où l’option du statu quo, serait privilégiée, il vous faudra impérativement, vous "garçon gentil, sympathique, bien éduqué, honnête", vous procurez de "mauvaises qualités" pour réussir. Car vous avez à faire face au fait que les résultats des ateliers de Nouadhibou, semblent, aujourd’hui, remis en cause par ceux qui les avaient applaudis, hier, à Nouadhibou. 


Il y a également ceux qui se hardent déjà à faire le bilan de la stratégie actuelle pour la période 23 juillet 2020-mars 2021 ou attendent voir le plan d’action 2021 du Département (on est au mois de Mars) ainsi que la solution préconisée pour les Affaires Maritimes, la pêche continentale et l’aquaculture dans les eaux douces par rapport à la fameuse Stratégie d’Aménagement et de de Développement Durable et Intégré du secteur des pêches maritimes 2020-2024. Au contraire, si "Cheikhouna" optera pour le changement du classement de la pêche, la démission serait, face aux enjeux du moment dans ce secteur fortement gangrené, l’issue la plus honorable pour votre genre de cadres. Ainsi, vous deviendrez, Monsieur le Ministre, après Mohamed Abdellahi Ould Kharchi (1973) et Bakary Daffa (1981), le troisième Ministre mauritanien démissionnaire en 60 ans d’existence de notre pays (1 démission tous les 20 ans).

 A propos, une Union des Anciens Ministres Démissionnaires de Mauritanie, pourrait-elle voir le jour dans ce nouveau contexte d’initiatives de tous les noms et de toutes les couleurs. Enfin, une telle démission, sera aussi une confirmation de l’expression : «Jamais deux sans trois». 

Dr Sidi El Moctar TALEB HAMME

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